Il était une fois en Corse des cochons jumeaux, leur cousin cochon, et un loup qui habitaient tous dans le même village.
Le premier cochon était ébéniste, le second vannier, et ces frères cochons vivaient paisiblement de leur art.
L’un, dans une maison qu’il s’était construite bien-sûr en bois et l’autre… en bois aussi parce qu’une maison en paille ça s’appelle une hutte et c’est sympa l’été ou dans un club de vacances mais pour y vivre à l’année, merci bien, à part à Koh-Lanta et encore, ou alors ça s’appelle des paillotes mais c’est pas très prudent par les temps qui courent, même loin d’une plage.
Voilà. Donc les deux frangins coulaient une existence pépère et rendaient fréquemment visite à leur
cousin qui habitait la fermette de briques roses non loin et qui était réalisateur amateur de cinéma érotique.
Un loup métisse (mi-loup, mi-requin), promoteur immobilier, et élu local, voulait coûte que coûte
racheter la colline pour en faire des HLM. Quand il fit une proposition financière aux cochons
pour acquérir leurs bicoques, ils l’envoyèrent bouler tel un cochonnet dans un jeu de boules et affirmèrent
que leurs maisons n’étaient à céder « ni de près ni de loin. » Le loup s’y rendit donc « de nuit »
avec des explosifs, des cocktails molotovs et des baskets piégées. Il mastiqua le tout et alla se cacher dans
sa porche pour attendre.
A peine eut-il refermé la portière que la voiture explosa et lui avec. Les cochons, corses et fiers,
avaient piégé l’engin. Quelques minutes plus tard, la colline tout entière s’embrasa, emportant les
cochons, mais pas au Paradis.
Du moins je pense.
Enfin j’espère.
Ca serait pas très très moral ni très très gentil quand même.
Bref, le lendemain matin, les journaux relatèrent les faits en parlant d’un fâcheux concours de
circonstances et comme le ministre était en visite dans la région, les autorités locales classèrent l’affaire.
Bonne nuit mon cochonnou!